Hériter

Pierre Dac a dit un jour : « Cette famille s’entend bien, on voit qu’elle n’a pas encore hérité ».

J’en connais une, ils étaient trois enfants, deux garçons et une fille. Les parents meurent, les comptes se règlent. La fille tapait plus fort que ses frères, elle obtient davantage. Et cependant rien n’est résolu.

On ne s’expliquera jamais sur ce que l’argent rachète, in fine.

 

 

D’où viens-je ?

Mon ami Jacques Langlois, dont, incidemment, c’est aujourd’hui l’anniversaire, que je lui souhaite au passage très heureux, a suggéré qu’à la suite de mon article d’hier intitulé Qui suis-je ?, celui de ce jour traite de la question D’où viens-je ? et celui de demain Où vais-je ?

Le lecteur avisé reconnaitra là l’éternelle triple interrogation à laquelle Pierre Dac avait en son temps répondu : « En ce qui me concerne, je suis moi, je viens de chez moi, et j’y retourne ». Mais moi, en vérité, je ne saurais pas plus dire d’où je viens que qui je suis. Je viens d’une famille française bourgeoise de la deuxième moitié du XXè siècle, ou je viens des étoiles, constituent deux réponses également justes à la question.

Ce qui est curieux, c’est que si je me demande : d’où vient mon fils ?, puisque ce jour du 15 septembre est également son anniversaire, je ne réponds pas de la même façon. Je ne pense pas milieu social, ou poussière stellaire. Je pense au mystère de la rencontre entre sa mère et moi, entre la femme et l’homme, entre les gamètes de l’un et de l’autre, je pense au hasard et à la nécessité, je pense à la loi de nature et aux concours de circonstances, je pense à la Terre et aux merveilles de la vie, et je pense à la joie que représente le fait qu’il soit au monde.

Bon anniversaire, fils !

jpagus-1994