Chimère

Le Monde nous apprend que des équipes scientifiques travaillent sur la création de chimères homme-singe, et qu’elles sont parvenues à en cultiver les embryons pendant quelques jours.

Ces travaux, nous dit le journal « suscitent une salve d’interrogations », d’ordre biologique, médical, philosophique et éthique. J’ajouterai pour ma part anatomique, et pyrotechnique. Car selon Homère, qui en a le premier donné une description, la chimère est un monstre « lion par devant, serpent par derrière, chèvre au milieu », et capable de « cracher le feu ». En cas d’un assemblage homme-singe mené à terme, quelle serait donc les parties du corps occupées par chacun des deux, et leur alliance pèterait-elle des flammes, comme il est permis de l’espérer ?

Répondant à la première de mes interrogations, les savants qui s’adonnent à ces travaux assurent être conscients de « lignes rouges à ne pas franchir ». Un chercheur américain les résume élégamment : pas question de mélanger « brain, balls and beauty » en introduisant des cellules humaines dans le cerveau d’un singe, ses organes sexuels, ou même de modifier son apparence. On ne peut que se réjouir de voir qu’ainsi tout est fait pour éviter de porter atteinte à la dignité de l’animal.

L’homme et la couleuvre

Je nourris le projet d’avoir enregistré par cœur les deux cent quarante fables de La Fontaine pour le 31 décembre 2020. Je veux être prêt pour 2021, qui sera l’année du quadricentenaire de la naissance du fabuliste, et en proposer ainsi une intégrale en vidéo sur YouTube.

A ce jour, j’en suis à la cent soixante troisième. En manquent donc encore soixante-dix-sept, ce qui signifie que je devrai tenir une moyenne d’un peu plus de six fables par mois. C’est jouable, sans être évident. Entre l’apprentissage et l’enregistrement, cela représentera chaque mois l’équivalent de trois journées complètes de travail, surtout que celles qui restent ne sont pas parmi les plus faciles ni les plus connues, deux facteurs qui rendent la mémorisation plus ardue.

Je livre aujourd’hui L’homme et la couleuvre. C’est comme son titre l’indique une confrontation entre un homme et un serpent, où le plus « pervers » des deux n’est pas celui qu’on pense, et dont la conclusion (« Parler de loin, ou bien se taire ») me semble composer une des règles de conduite les plus judicieuses que l’on puisse se donner.